LA SECTE DES MÉDIOCRES ET LES

 DÉLINQUANTS RELATIONNELS

Force est de constater que la race des suiveurs n'a pas d'étiquette politique : elle prospère aussi bien à gauche qu'à droite, à LFI, au PS comme à LR , et sans doute ailleurs, partout où bat un cœur tiède et une tête vide. On l'appellera, faute de mieux, le complexe de Panurge : cette invincible propension des hommes à se jeter à l'eau parce qu'un autre y est tombé le premier. Ce qui prête au rire, ou plutôt à ce ricanement intérieur qui précède le dégoût, c'est la docilité avec laquelle des inconnus, des médiocres interchangeables, s'agrègent autour d'un crétin sidéral. Ce dernier, variable universelle, porte tour à tour tous les noms et tous les titres ; sur le nomme tantôt leader, tantôt visionnaire, tantôt « camarade » ou « président ». En vérité, il est le délinquant relationnel par excellence : celui qui transforme la faiblesse d'autrui en puissance personnelle. Autour de lui se forme aussitôt la secte — c'est-à-dire cette religion qui n'a pas réussi, ce simulacre de foi sans transcendance, sans dieu, sans enfer autre que celui des autres. Les adeptes, perdus dans l'existence comme des chiens sans maître, se vouent corps et âme à ce prêtre de pacotille. Ils signent, ils acclament, ils relayent, ils amplifient. Chaque année professionnelle par le gourou devient Évangile ; chaque brouillon devient texte sacré. La basse-cour s'empresse, tend le micro, ouvre la caisse de résonance, et le néant s'y engouffre avec délectation. On croit assister à une comédie politique. On assiste en réalité à une constante anthropologique : l'horreur du vide intérieur cherche toujours un autre vide pour s'y amant. Le chef n'est souvent qu'un abîme plus bruyant. Les disciples, eux, sont des abîmes silencieux qui ont enfin trouvé leur écho. Et le plus navrant, c'est qu'ils sont sincères. Ils croient. Ils se donnent. Ils se sacrifient à un fantoche avec la ferveur des premiers martyrs. On les plaindrait presque, si la bêtise n'était pas, en définitive, la seule faute impardonnable.

Macron incarne à la perfection le prêtre honoraire d'une religion épuisée. Il n'a pas encore tranché entre dictature et démocratie, car, dans le fond, il les sait sœurs. La dictature lui dit : « Ferme ta gueule. » La démocratie, plus raffinée, lui souffle : « Cause toujours. » Il pratique les deux avec une égale aisance, selon l'heure et le vent. Quant aux tribus qui crachent leurs calomnies sur quiconque à l'outrecuidance de ne pas penser comme elles, qu'on se souvienne d'une loi simple, presque physique : les injures obéissent à la pesanteur. Elles n'ont de poids véritable que lorsqu'elles tombent de haut. Celles qui montent des bas-fonds de l'esprit ne sont que bave et bruit ; elles retombent sur leurs auteurs et les souillent sans atteindre leur cible. Reste la question, toujours vaine : existe-t-il un remède pour sauver les esprits faibles qui nomment troupeaux tremblants livrés à la merci des crétins sidéraux ? Je n'en vois aucun. L'homme médiocre aspire à sa servitude comme le malade à sa fièvre. Il ne veut pas guérir ; il veut un maître qui le dispense de penser. On ne sauve pas qui se noie avec délectation. Le spectacle continue donc, grotesque et inévitable : un peuple de moutons mené par un berger qui se prend pour un mage, sous les acclamations d'un cerveau creux qui croit encore que l'Histoire les regarde.

D ans tous les cas, si une vraie droite n'émerge pas, la France continue de pourrir avec une application méticuleuse. Nous marchons droit vers un nouveau Mai 68. Mais cette fois sans fleurs ni guitare : la guerre sera religieuse, c'est-à-dire implacable ; car nourrie par la seule chose qui reste encore capable d'enflammer des pensées creuses : la foi haineuse. Malraux disait que le XXe siècle serait mystique ou ne serait pas. Il s'est trompé d'une trentaine d'années; comme souvent les prophètes. Le XXIe siècle, lui, tiendra sa promesse : il sera mystique, fanatique et sanglant ! La politique y aura cédé la place au sacré le plus bas, celui des tribus et des dieux vengeurs. On peut encore espérer, contre toute évidence, que les Français votent enfin pour leur pays plutôt que contre un Homme. Qu'ils cessent pour une fois, de se comporter en électeurs haineux et qu'ils agissent en héritiers d'une civilisation qui se meurt. Mais l'Histoire nous a trop souvent montré que les peuples préfèrent toujours la vengeance à la survie, le ressentiment à la grandeur et la chute théâtrale au lent et humble redressement. La France n'échappera pas à sa pente. Elle y descendra, comme toujours, avec élégance et mauvaise foi. 

Sauf si….2027….Votez bien ou votez pour votre Fin !





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